Pourquoi 7 associations attaquent le nouveau PLUi du Pays de Fontainebleau

Depuis octobre 2025, un nouveau Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) régit les constructions de notre territoire. Jugé opaque et disproportionné, ce document fait aujourd’hui l’objet d’un recours gracieux. En première ligne : le Collectif Plaine de la Chambre, qui dénonce une « densification à outrance » au mépris des promesses faites aux habitants.

Le Pays de Fontainebleau est à un tournant. Le PLUi, ce document stratégique qui définit où et comment l’on pourra construire demain, est sous le feu des critiques. Sept associations locales demandent officiellement son annulation, pointant du doigt des zones d’ombre procédurales et des choix d’aménagement qui menacent l’équilibre de notre cadre de vie.

Le cas de la Plaine de la Chambre, symbole de dérive

C’est le point le plus sensible du dossier. Le quartier de la Plaine de la Chambre, havre de paix situé entre le boulevard Joffre et la lisière de la forêt, est directement visé par un projet immobilier massif porté par le bailleur social FSM (Foyers de Seine-et-Marne). Alors que la mairie et FSM avaient assuré aux riverains qu’il n’y aurait pas de « densification à outrance », le nouveau PLUi a été modifié afin de permettre le contraire. Le passage soudain de l’ensemble du quartier en « zone UC » autorise désormais :

  • Des hauteurs vertigineuses : jusqu’à 5 niveaux (R+3 + combles).
  • Une emprise au sol bondissante : de 30 % à 50 %.

Pour le Collectif qui représente les habitants du quartier, le constat est amer : ce changement de zonage permet désormais de détruire l’identité pavillonnaire du quartier pour créer un « front bâti » massif face à la forêt. Plus grave encore sur le plan juridique, cette modification ne serait pas motivée par l’intérêt général, mais par la volonté de rendre possible ce projet spécifique, ce qui s’apparenterait à un détournement de procédure.

Mobilité, sécurité et environnement à surveiller

Au-delà de Fontainebleau, les associations s’inquiètent d’un effet domino sur toute l’agglomération. Le recours souligne plusieurs points critiques :

  • Saturation des services : Comment absorber des centaines de nouveaux logements sans renforcer les réseaux routiers déjà saturés et les transports ferroviaires (Ligne R) au bord de la rupture ?
  • Désertification médicale : Le projet prévoit plus d’habitants, mais aucune garantie sur l’offre de soins ou la création d’emplois locaux.
  • Alerte écologique : En facilitant l’artificialisation des sols, le PLUi fragmente les couloirs écologiques indispensables à la biodiversité du massif forestier.

Quel objectif pour ce recours ?

Loin d’une simple opposition de principe, les associations demandent une révision profonde de la copie. L’objectif est de replacer la protection de la forêt, du patrimoine et de la qualité de vie de la région de Fontainebleau au cœur du projet urbain. « Si l’on peut densifier de cette manière un secteur aussi sensible que la lisière de la forêt de Fontainebleau, quel signal envoie-t-on pour tout le reste du territoire ? », s’interroge le Collectif.

Et maintenant ? La Communauté d’agglomération dispose désormais d’un délai pour répondre à ce recours gracieux. En cas de refus, les associations se disent prêtes à porter l’affaire devant le juge administratif pour obtenir l’annulation pure et simple du PLUi.

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